Les chiffres du BIB par la petite porte

Il n’y a pas d’études spécifiques à la consommation des vins en BIB au contraire des autres catégories de vin. Cette anomalie vient du fait qu’il est toujours noyé dans la catégorie « vins en vrac », définie par leur récipient supérieur à 2 litres. Il faut donc plonger dans des études plus larges pour observer l’évolution de ce marché si particulier qui concerne 37% des volumes vendus en France et autour de 50% en Scandinavie. Le service économique du CNIV* nous donne quelques indications pour 2015 que nous vous commentons ici..

BIB contre bouteille

La progression du BIB en hyper et supermarchés se fait au détriment de la bouteille. Marie Henriette Imberti, en charge des affaires économique du CNIV, propose l’analyse suivante : « Cette croissance est alimentée pour près de la moitié par les promotions, l’autre moitié provenant du fonds de rayon, avec notamment, un linéaire qui s’allonge. La bouteille de 75cl subit le contrecoup de sa moindre visibilité, avec une longueur moyenne du linéaire qui lui est consacrée en diminution. Le cubitainer et le Pet continuent à perdre du terrain ». Néanmoins l’acheteur de BIB l’est aussi pour la bouteille, seul 5% sont exclusifs contre 50% pour les bouteilles.

Un marché nouveau

Peu de produits peuvent se vanter, comme le BIB, de créer de nouveaux marchés. Une analyse des ventes en 2012 et 2013 montrait que 41% des vins vendus en BIB étaient des ventes en supplément des autres. Situation d’autant plus forte que c’est un marché fidèle avec 60% des acheteurs qui y reviennent.

Quand on sait combien le consommateur est volage, la performance du BIB est remarquable. Il le doit sans doute à la qualité du vin qui satisfait son public. On est loin de l’image de « piquette » donnée à ses ancêtres en cubi.

Le profil

25% des ménages français achète en BIB. C’est un public de bons consommateurs . Avec une moyenne de 110 cols/an, c’est plus du double d’un acheteur moyen de vins tranquilles.

Plutôt sénior, entre 50 et 64 ans, qui préfère le rouge en BIB (48%), suivi de près par le rosé (41%), loin devant le blanc (11%). Les ventes se font majoritairement l’été : 31% des volumes sont achetés entre juin et août.

Bonne nouvelle pour la production

Le vigneron a devant lui un grand marché nouveau qui progresse. Est-ce bien nécessaire d’aller jusqu’en Chine pour ouvrir un marché alors qu’il y a un fort potentiel devant sa porte? 75% des ménages français n’achètent pas, encore, de BIB! ça fait du monde à séduire, non?

Il manque des renseignements qualitatifs sur les motivations d’achat de vin en BIB. Hormis la qualité du vin qui est un préalable à n’importe quel marché aujourd’hui, on devrait s’interroger sur le développement actif de ce marché.

Beau et bon à la fois

Avec une surface de communication bien supérieure à la bouteille, le BIB devrait rivaliser d’idées neuves. Il y a un marketing à inventer, utilisant intelligemment la surface disponible sur la boîte du sac (bag-in-box (TM) ). Le marketing du box-on-bag.

Quand on voit le peu d’imagination et de charme développés sur la surface des BIB dégustés dans ce blog, on est très optimistes : Il y a encore une grande marge de progression!!!!

*CNIV : Conseil National des Interprofessions des Vins à appellation d’origine et à indication géographique.

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